Effet placebo et nocebo

L’effet placebo est l’effet positif obtenu par l’administration d’une substance qui n’a en théorie aucun effet. L’effet nocebo est l’effet négatif correspondant.

Ces effets n’ont évidemment aucun rapport avec la substance en question: il s’agit de la conséquence de l’état de conscience d’une personne en réaction à un geste médical.

L’exemple de Wright (1958)

Cas d’étude rapporté par Bruno Klopfer, « Psychological Variables in Human Cancer », Journal of Projective Techniques, n°31, 1959.

Un patient nommé Wright était atteint d’un cancer des ganglions lymphatiques, il était recouvert de tumeurs de la taille d’une orange. Les traitements de la médecine moderne étaient sans effet et on lui a annoncé qu’il ne lui restait que quelques semaines à vivre.

Il découvre dans la presse l’existence d’un nouveau médicament, le Krébiozène, dont on dit qu’il était efficace contre ce type de cancer. Il demande à son médecin de lui injecter. Celui-ci le fait le vendredi. Il revoit son patient le lundi, en forme avec ses tumeurs réduites de moitié. Le cancérologue, qui s’attendait plutôt à retrouver son patient mort, dit que c’est « bien plus rapide que n’importe quel miracle consécutif à une radiothérapie intensive ».

Dix jours plus tard, selon l’avis unanime des médecins il est en rémission totale.

Neuf semaines plus tard il tombe sur un article expliquant que le Krébiozène est sans effet sur ce type de cancers. Durant les jours suivants il fait une rechute, ses tumeurs repoussent encore plus grosses qu’avant et retourne à l’hôpital.

Son médecin tente alors une expérience : il ment à son patient. Il raconte que l’article de presse est mensonger, que l’efficacité lors de l’étude montrait des mauvais résultats inférieurs à cause d’une altération de certains échantillons, et que le journal avait exagéré pour augmenter ses ventes. Il lui affirme qu’il dispose d’un arrivage sécurisé en version concentrée.

Il lui injecte simplement de l’eau. L’effet est encore plus incroyable : ses tumeurs disparaissent presque instantanément.

Tout se passe bien pendant deux mois, jusqu’à ce que le patient tombe sur un autre article dans un communiqué officiel de l’American Medical Association, établissant définitivement que le Krébiozène est inefficace.

Son cancer flambe à nouveau, il meurt 48h plus tard.

L’exemple de Sam Londe (1974)

En 1974, ce vendeur de chaussures de Saint Louis (Missouri) reçoit un diagnostic de carcinome métastatique de l’œsophage, alors réputé incurable. Malgré une opération, les choses empirent, et une scintigraphie dévoile une invasion du foie par le cancer. Selon son vœu, le patient passe Noël chez lui, puis revient à l’hôpital, au plus mal, pour y mourir quelques heures plus tard.

L’autopsie révèle qu’il n’avait pas de cancer. Le foie n’était atteint que d’un minuscule nodule, et le poumon ne présentait qu’une tache minime, aucune de ces deux atteintes ne pouvant provoquer la mort. La zone jouxtant l’œsophage était même totalement indemne. La scintigraphie anormale du foie prise à l’hôpital était en toute vraisemblance un faux positif, c’est-à-dire une anomalie qui n’existe pas. On comprend pourquoi le médecin Walter B. Cannon a d’abord nommé ce phénomène la « mort vaudoue », causée par un sort auquel on croit.

Bruce Lipton, The Biology of Belief : Unleashing the Power of Consciousness, Matter and Miracles, Hay House, Londres, 2005.

Le patient du Dr David Sobel

Le Dr David Sobel cite le cas d’un de ses patient qui souffrait de violentes crises d’asthme. Il lui a alors administré un « nouveau médicament réputé extraordinaire ». Le malade fût aussitôt soulagé.

Lors de la crise suivante le docteur n’avait plus le médicament en stock et lui a administré un placebo. L’homme trouva ce traitement moins efficace. Le docteur en conclut que le vrai médicament avait effectivement l’efficacité miraculeuse qu’il croyait.

Sauf qu’il appris huit jours plus tard par une lettre d’excuse du laboratoire qu’il n’avait pas reçu le médicament mais un placebo !

On voit ici que la propre conviction du médecin peut avoir un impact important sur l’efficacité du traitement qu’il donne.

Le cas des verrues

Les verrues sont des excroissances tumorales provoquées par un virus. Il existe de nombreux « remèdes de grand-mère » (par exemple l’ail) qui parviennent effectivement à les faire disparaître. Or il a été montré en laboratoire que ces remèdes sont inefficaces. S’ils marchent c’est uniquement par effet placebo : parce qu’on pense qu’ils vont marcher.

J’avais moi-même fait disparaître une verrue quand j’étais étudiant en utilisant de l’ail. Ce qui est assez amusant c’est qu’à l’époque j’étais très sceptique sur tout ce qui sortait de la science ordinaire. Mes parents m’avaient fait voir un magnétiseur qui m’avait débarrassé d’une verrue. Plus tard j’avais trouvé cette solution avec l’ail en me disant que c’était bien plus sérieux. Or dans les deux cas c’était probablement le même effet de ma conscience que j’avais observé.

Le problème des médicaments

La notion de placebo est utilisé par les laboratoires pour déterminer l’effet d’un médicament en la comparant avec celui d’un placebo. L’effet « réel » serait ainsi, en théorie, la différence entre le résultat avec le médicament et celui avec le placebo.

Thomas J. Hurley a publié des études montrant qu’un simple cachet de sucre avait un taux d’efficacité de 45% quand il était comparé à l’aspirine. Mais si son efficacité passe à 56% lorsque les patients sont convaincus de recevoir une dose de morphine.

Les médicaments des laboratoires, qui rêvent de se débarrasser de l’effet placebo, bénéficient eux-mêmes de cet effet.

Ainsi la Cisplatine avait été présentée comme un remède miracle contre les cancers. Après sa mise sur le marché on a constaté que 75% des personnes traitées ont connu une rémission spectaculaire. Puis les effets de la publicité pour ce médicament se sont estompés avec la banalisation de son usage et son taux est descendu à 25-30%.

Cela montre que les médicaments dits efficaces ne le seraient pas en grande partie grâce à la bonne image qu’on arrive à leur donner.

La tuberculose et la bonne nouvelle

La tuberculose faisait des ravages terribles en Europe au 19ème siècle jusqu’à 1882. En effet à cette date le Dr Koch a annoncé avoir découvert le bacille qui en était responsable. La mortalité de la maladie chuta alors et fût divisée par 3. Le simple fait de dissiper son mystère et d’apporter un espoir de guérison futur avait suffit pour sauver de nombreuses personnes. Le vaccin n’arriva pourtant qu’une cinquantaine d’années plus tard.

Le mot de la fin

Toutes les guérisons qui mettent en jeu l’action directe de la pensée sont encore souvent qualifiées de « miraculeuses » ou « inexpliquées » par les médecins qui n’ont pas encore compris la physique quantique et la façon dont fonctionne l’Univers.

Les médecins actuels négligent l’effet de l’état de conscience sur la guérison. Ils sous-estiment l’effet placebo, bien qu’ils le connaissent tous. Mais pire encore : ils sont eux-mêmes très souvent responsables d’un effet nocebo. Ainsi le médecin annonçant à son patient qu’il a une maladie « grave » et qu’il n’a plus que quelques mois à vivre agit à mon sens comme un criminel.

Références

Voir –Médecine interdite

Voir –Le pouvoir de guérison

Voir –DOSSIER : médecine et guérison

Didier Van Cauwelaert, « Dictionnaire de l’impossible » (2013)

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